Château d'Alone-Toulongeon (La-Chapelle-Sous-Uchon, S. & L.)

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Pierre gravée retrouvée au Château d'Alone-ToulongeonLa pierre gravée retrouvée

Dans l'article « Le château d'Alone-Toulongeon à La Chapelle-sous-Uchon » publié dans Chastel et maisons fortes IV, j'avais écrit : « Une pierre sommairement gravée, retrouvée sur le site en 1935, atteste de la fin des travaux en 1759 ».

C'est sa forme caractéristique visible sur la photographie publiée par Maurice Guilleminot dans son livre « Histoire d'Uchon » de 1980 qui m'a permis de la localiser après de longues recherches puis de la dégager.

Sous différents éclairages, bien qu'un peu endommagée, elle nous a livré de nouveau le message qu'avait transcrit Emile Truchot dans son livre « Huit jours à Uchon » :

POZE PAR MR VILO
INSPECTEVR DV CHATEAV DE TOV.

Bernard GueugnonPierre gravée retrouvée au Château de Toulongeon

Château de Toulongeon, plan terrier de 1764Le moulin banal, nouvelles données

Sur le plan terrier de 1764 (fig.1), à l'extrémité nord de la terrasse, derrière le salon d'if, figure une passerelle qui rejoint vers l'est le moulin banal décrit dans le terrier de 1774 : « Le moulin consistant en deux corps de bâtiments couverts a tuilles. Le premier est composé d'une chambre à feu et d'un grenier au dessus, l'autre d'une chambre dans laquelle est le moulin que les eaux des fossés du château font aller, une cour, un appendix et une chenevriere appelée la melonniere le tout contenant un tier et un huitième de journal ; joignant de midy au parc de mondit seigneur, et d'occident à la grande terrasse du château et de septentrion et d'orient au chemin de Toulonjon au monceaux. »
Les traces de cette passerelle sont encore visibles à l'extrémité nord du mur qui soutient la terrasse au-dessus de la cour du moulin (fig. 2).

Passerelle menant au moulinFig. 2 : Photographie de l'extrémité nord du mur soutenant la terrasse montrant : en haut (rectangle blanc) les restes de la passerelle et en bas (cercle blanc) la trace de la voûte rebouchée. (Photographie de l'auteur).


L'auteur du plan terrier de 1764 n'a pas dessiné la limite de la terrasse derrière le salon d'if. Le dessin semble indiquer que l'eau des douves allait jusqu'au moulin par cette passerelle. Est-ce que cette passerelle était pourvue d'un canal qui conduisait l'eau au-dessus de la roue du moulin et permettait ainsi d'avoir une chute d'eau qui transmettait son énergie à la roue ? Sur la photographie de la fig.2, en dessous des restes de la passerelle, figure la trace d'une voûte qui a été rebouchée. Est-ce que l'alimentation en eau de la roue du moulin se faisait par ce conduit en voûte, l'eau arrivant sous la roue pour lui transmettre une partie de son énergie cinétique ?
Dans ces deux cas, la passerelle reliant la terrasse au moulin devait permettre au meunier d'accéder au dispositif de régulation d'alimentation en eau de son moulin ? Il nous est difficile de trancher entre ces deux hypothèses mais la première semble plus efficace. Quoi qu'il en soit, nous avons constaté que la prise d'eau, au niveau des douves, a été déplacée plus au sud pour l'alimentation de la roue du moulin du XIXe siècle. Le moulin lui-même semble avoir été reconstruit plus au sud (fig.3).

Cadastre de 1831 montrant le moulinFig. 3 : Cadastre de 1831 montrant le moulin du XIXe siècle (1), la prise d'eau au niveau des douves (2) et le ruisseau (3) qui a fait tourner la roue.

 

Le moulin que nous avons trouvé en 1976 était constitué de trois corps de bâtiments disposés en T comme il est représenté sur le cadastre de 1831 (fig. 3) : le moulin orienté est-ouest est constitué de trois niveaux ; dans son prolongement, du côté est, une étable est surmontée d'un fenil ; en retour d'équerre avec le moulin, l'habitation orientée nord-sud, possède un rez-de-chaussée, un étage et un grenier. Ces bâtiments, construits au début du XIXe siècle, ont été déplacés au sud de l'ancien moulin et bâtis avec les pierres de récupération du château.
La meule du moulin était mue par une turbine, située au sud de celui-ci et alimentée en eau par une conduite forcée provenant d'une cuve creusée dans la terrasse, elle-même alimentée par les douves.
Antérieurement à ce dispositif, la meule était mue par une roue à aubes située au sud du moulin et dont l'emplacement est encore visible. Cette roue pouvait être actionnée par le haut ou par le bas grâce à l'eau provenant des douves (fig.3). Le ruisseau qui avait entraîné la roue est bien visible sur le cadastre de 1831, au sud du moulin.
Le local abritant la turbine ne figure que sur le cadastre de 1950 ce qui indique que la turbine daterait du XXe siècle.

Bernard Gueugnon

Question aux membres du CeCaB sur une plaque de cheminée qui proviendrait du château de Toulongeon

de Bernard Gueugnon

Photographie d'une plaque de cheminée qui proviendrait du château de Toulongeon selon les propriétaires. Nous l'avons examinée avec Louis Lagrost. Si le collier interne peut être celui de l'Ordre de Saint-Michel auquel appartenait Antoine de Toulonjon, nous ne savons pas à qui attribuer l'autre collier et les armoiries. Si un membre du CeCaB peut nous aider dans notre identification, nous l'en remercions.

Deux réponses de membres du CeCaB :

Madame Marinette Coirreaud-Chandioux nous donne son avis :

La couronne au-dessus du blason ressemble à la couronne que porte Marguerite III de Flandre, femme de Philippe le Bon, duc de Bourgogne (voir sur le site de "Marguerite III de Flandre")

Sur le blason de la plaque trois parties :

  1. le lion debout couronné est, entre autre, l'emblême du comte de Flandre, comte de Nevers, et blason de Decize... emblême que l'on retrouve sur les armes de Bourgogne.
  2. les fleurs de lys : emblême des Bourbon, également présent dans le blason de la Bourgogne, en général 3, là nous en avons 5...
  3. la couronne, qui ressemble à celle de Marguerite de Flandre, tout à fait différente des couronnes de comtes, de barons, etc...

Le château de Germolles est décoré des initiales "M" pour Marguerite et "P" pour Philippe... le collier de la plaque est fait de "M" et de fleur de lys, le "M" pourrait être apparenté à Marguerite ?

Monsieur René de Beaumont nous propose :

Il semble qu'il s'agisse des armes de Jean de Saulx-Tavannes, marquis de Tavannes et du Mayet (fils de Jean et de Jeanne-Françoise de Pontailler ou Pontallier) marié le 10 février 1672 avec Anne de Bourbon-Busset (fille de Jean-Louis, comte de Busset, baron de Chalus, Puyagent et Vésigneux, et d'Hélène de La Queille)

Les Saulx-Tavannes blasonnaient en effet " à un lion couronné" (comme à gauche sur la plaque) et les Bourbon-Busset " semé de lys brisé d'un lambel ou cotice" (comme à droite sur la plaque). Cette plaque aurait donc pu être coulée peu à après ce mariage et être écartelée, comme d'usage, des armoiries des familles des deux époux.

Jean de Saulx-Tavannes aurait pu hériter de la sgie et château de Vésigneux (cne de Saint-Martin du Puy) dans la Nièvre, et cette plaque venir de ce château ou d'une de leurs autres propriétés en Autunois. Pour les colliers je ne suis pas un spécialiste et ne peux rien vous en dire.

En conclusion :

Cette plaque de cheminée ne semble pas provenir du château d'Alone-Toulongeon mais pourrait provenir du château de Sully près d'Autun. En effet, ce château a appartenu à la famille Saulx-Tavannes du XVIe siècle au XVIIIe siècle. Des recherches sont entreprises en ce sens auprès de la propriétaire du château.

La chapelle castrale, nouvelles données

Cette chapelle existait au XVe siècle puisqu'en 1415, « Marie d'Alone faisait fondation d'une messe qui sera célébrée chaque jour en la chapelle située devant la maison-forte d'Alone ». Celle-ci a été présentée dans l'article Le château d'Alone-Toulongeon à La Chapelle-sous-Uchon (Saône et Loire) publié dans Chastels et Maisons fortes IV en 2014. L'équipe du CeCaB qui a effectué les relevés dans la cave située sous la chapelle a écrit : « La cave voûtée située sous cette chapelle existe encore dans son aspect d'origine. Les murs, en gros appareil, ont une épaisseur de 1 m à 1m20. La hauteur maximale sous la voûte est de 1,90 m. L'accès aux caves s'effectuait par une porte à encadrement de pierres taillées depuis le mur gouttereau oriental. La cave est séparée en deux parties non construites simultanément ce qui indiquerait une chapelle plus petite à l'origine. ».

Ainsi, au XVe siècle existait une petite chapelle qui a été agrandie plus tard.

Chapelle castrale du château d'Alone-Toulongeon

Fig. 3 : Extrait du cadastre de 1831 : 1- la petite terrasse, parcelle 46 ; 2- la chapelle.

Fig.4 : Ce plan dressé par l'équipe du CeCaB montre les deux caves de la chapelle (1). Les restes du mur (2) soutenant la petite terrasse (3) sont situés entre la chapelle et la remise dans le prolongement du mur gouttereau oriental.

Fig. 5 : Pignon nord du bâtiment actuel. Le pignon de la chapelle se situait à droite de la ligne blanche verticale. Les restes du mur qui soutenait la terrasse à l'est sont situés aux deux extrémités du trait blanc pointillé qui en indique l'emplacement. En-dessous de l'œil-de-bœuf, on distingue les traces de l'encadrement de l'ancienne porte d'entrée.

Récemment, nous avons cherché à connaître quand et comment cet agrandissement a été effectué.
La porte d'accès aux caves s'ouvre dans le mur gouttereau oriental de la cave sud (fig.4 indice 1). Il est donc logique de concevoir un agrandissement effectué par la construction de la cave nord.
Des observations vont nous le confirmer :

  1. Sur le tableau représentant le château de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle (fig.1) aucune porte ne figure sur le pignon nord de la chapelle. Son mur gouttereau oriental montre une fenêtre et son toit une lucarne engagée. Par contre, le tableau de Claude Repoux (fig. 2), peint vers 1820, montre une porte sur ce pignon nord. Les traces de son encadrement de pierre sont encore visibles autour de la fenêtre du pignon nord, en dessous de l'œil-de-bœuf (fig.5).
  2. Sur le cadastre de 1831 (fig.3), devant le mur du pignon nord, figure une petite terrasse carrée (parcelle 46) qui empiète sur les douves.
  3. Dans le prolongement du mur gouttereau oriental de la chapelle, du côté nord, nous trouvons les restes d'un mur (fig. 4 et 5) arasé au niveau du sol. Celui-ci correspond au mur qui soutenait à l'est cette petite terrasse.
  4. Anatole de Charmasse a écrit (Mémoire de la Société Eduenne T 45 fasc. 4, page 28) : « Il résulte d'un acte du 17 septembre 1761 que M. le Vicaire général et official de Mgr l'évêque d'Autun a visité et reconnu l'état d'une chapelle domestique pour lors rétablie et reconstruite à l'angle de la cour d'entrée du château de Toulonjon, qui s'était trouvée dans un état décent, suffisamment pourvue de vases sacrés et autres choses nécessaires à la célébration des saints mistères, laquelle chapelle avoit été bénie le lendemain 18 dudit mois… ».

Ainsi, l'agrandissement a été effectué du côté nord jusqu'en limite des fossés en eau. Il a nécessité l'aménagement d'une terrasse qui s'avance sur les fossés afin de permettre l'accès à la chapelle par la porte du pignon nord crée lors de l'agrandissement. Cet agrandissement a eu lieu entre les dates de réalisation des deux tableaux donc lors des travaux effectués entre 1756 et 1759 par Théodore Chevignard de Chavigny. La chapelle reconstruite a été bénie en 1761.

Bernard Gueugnon