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Résumé des communications du colloque
Le château de fond en comble

Hiérarchisation verticale des espaces dans les châteaux médiévaux et modernes

7ème colloque international de Bellecroix, 18 au 20 octobre 2019

Programme du Septième colloque international de Bellecroix « Le château de fond en comble »

Photos du colloque

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vendredi 18 octobre
  • Mathias Glaus - Daniel de Raemy - La grande tour « rodolphienne » (vers 979-1017) de la Tour-de-Peilz (Suisse, canton de Vaud)
  • Judicaël de la Soudiere-Niault - Le palais épiscopal de Beauvais
  • Sylvain Aumard - La grosse tour du château de Gevrey-Chambertin : recherches récentes
  • Denis Hayot - Autour de Philippe Auguste : les fonctionnalités dans les tours maîtresses cylindriques du XIIIe siècle
  • Jean Mesqui - Le Crac des chevaliers en Syrie : un cas exemplaire de restructuration verticale d'une forteresse croisée
  • Christian Piozzoli - Le château de Dourdan (Essonne) : éléments d'interprétation fonctionnelle du bâti
samedi 19 octobre

Transpériode : XIIIème-XVème siècle

  • Christian Corvisier - L'organisation interne de trois trous maîtresses résidentielles gothiques : Montépilloy, Septmonts, Cerny-lès-Bucy
  • Dominique Allios - Barbara Delamarre - Le château de Murol, le mirage des cimes
  • Guillaume Frantzwa - Verticalité de la rhétorique seigneuriale : tours, baies et crénelages dans les logis aristocratiques de Metz et de sa région (XIIe-XVe siècles)
  • Alain Kersuzan - Les loges. Pour aller de bas en haut et d'une tour à l'autre par l'extérieur, mais sans sortir
  • Nicolas Faucherre - Le château de La Bâtie (Savoie). Changements de distribution résidentielle et défensive
  • Christian Rémy - L'utilisation des espaces du château au prisme des inventaires : tendances et évolutions (Limousin et Périgord, XIVe-XVIIIe siècles)
  • Emmanuel Litoux - Jean-Yves Hunot - L'utilisation de l'étage de comble dans les résidences seigneuriales angevines entre le XIVe et le XVIe s.
  • Caroline Chauveau - Céline Chauveau - Verticalisations plurifonctionnelles et interdépendances entre les édifices du « vieux château » de Châteaubriant, du XIIIe au XVIe siècle
  • Thomas Robardet-Caffin - Les superpositions des usages et leurs évolutions dans les châteaux de crête du nord Montpelliérain
dimanche 20 octobre

XVème siècle

  • Hervé Mouillebouche - Occupation des étages et des combles dans le logis neuf de Philippe le Bon à Dijon
  • Michel Fourny - L'Aula Magna du palais du Coudenberg à Bruxelles. Tentative de restitution de l'organisation spatiale et fonctionnelle du bâtiment, des caves aux greniers, au milieu du XVe siècle
  • Lucie Gaugain - Laura Millat - Le château de Langeais : distribution et fonction des espaces
  • Christophe Amiot - Pièces hautes au dessus de l'escalier dans les manoirs bretons

Renaissance et moderne

  • Alain Salamagne - Du Louvre à Chambord : décor et fonction des parties hautes des châteaux
  • Étienne Faisant - Des fossés aux toits : organisation verticale des châteaux royaux français au XVIe siècle
  • Alexandre Mahue - « A-t-on un palais ? » : les mutations par étage de la distribution intérieure des châteaux de Provence entre le milieu du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle.

 

Photos : Sylvette Guyonnot

VENDREDI 18 OCTOBRE

Mathias Glaus et Daniel de RaemyMathias Glaus (Archéotech SA), Daniel de Raemy (chercheur indépendant)

La grande tour « rodolphienne » (vers 979-1017) de la Tour-de-Peilz (Suisse, canton de Vaud),
Reconstitution de ses fonctions résidentielles et défensives à l'époque savoyarde

Une campagne de fouilles menée en 2018 par l'équipe d'Archéotech SA sous la direction de la Section archéologie du canton de Vaud a mis au jour les fondations d'une grande tour rectangulaire sur le site castral de La Tour-de-Peilz. Les datations de divers éléments par carbone 14 a permis d'en situer la construction entre 979 et 1017, ce qui en fait la plus ancienne tour datée de Suisse romande, antérieure à celles de ce type, mieux connues, édifiées à l'époque des ducs de Zähringen. On comprend dès lors que ses bâtisseurs aboraient le patronyme de seigneurs « de la Tour ».

Les investiagions ont permis de mettre en évidence la totalité de son niveau inférieur ainsi que ses abords immédiats, notamment sa chemise. À l’époque des Savoie, cet ensemble a ensuite servi de « donjon » dans un ensemble castral plus étendu sous le comte Philippe dès 1280. Les abondantes sources comptables conservées aux archives d’état de Turin, ainsi que les points de comparaison avec les tours dressées à l’époque des Savoie permettent d’en suggérer sinon l’aspect, au moins les divers usages jusqu’à son abandon à la fin du xve siècle.

Judicaël de la Soudiere-NiaultJudicaël de la Soudiere-Niault (architecte du patrimoine)

Le palais épiscopal de Beauvais

L’ancien palais épiscopal des évêques-comtes de Beauvais est reconstruit dans les années 1500 par Louis de Villiers de l’Isle-Adam, alors que le chantier du monumental nouveau transept de la cathédrale démarre sous la direction du maître-maçon Martin Chambiges. Probablement à des fins d’économie, la transformation du palais dans un style gothique flamboyant a gelé et conservé la structure et les quatre niveaux du palais roman primitif élevé au milieu du xiie siècle contre l’enceinte fortifiée du bas-empire.

Une récente étude architecturale menée en 2019 pour le réaménagement du Musée Départemental de l’Oise (MUDO), installé en 1981, a permis de renouveler la connaissance sur l’organisation fonctionnelle de l’ensemble palatial. Juste aux pieds de l’une des plus extravagantes et hautes cathédrales médiévales d’Europe, ce palais ne peut correctement justifier dans son apparence la verticalité de son programme. Mais en réalité, les fonctions et flux soigneusement répartis au travers des quatre niveaux de ce vaste logis constituent un riche témoignage de hiérarchisation et d’ordonnancement au sein d’une résidence aristocratique de rang, où pouvoirs spirituels et temporels s’exerçaient sous un même toit.

Sylvain AumardSylvain Aumard (archéologue, CEM Auxerre)

La grosse tour du château de Gevrey-Chambertin : recherches récentes

Assis en plein cœur du vignoble de la côte dijonnaise, le prieuré-château de Gevrey-Chambertin impose sa présence dans le paysage par sa grosse tour placée à l'extrémité d'un grand corps de bâtiment. Il en était vraisemblablement de même au XIIIe siècle lorsque les abbés de Cluny achèvent cette construction destinée à marquer durablement leur puissance après deux siècles de contestation des droits de justices convoités par les ducs de Bourgogne. La chronologie du chantier est encore imprécise, mais les études archéologiques menées actuellement dans le cadre des travaux de restauration permettent d'ores et déjà d'avancer des hypothèses.

Avec des fonctions militaires et défensives des plus réduites, cette construction possèderait les attributs en vogue de la puissance seigneuriale (qui plus est, celle de la plus grande abbaye de l’occident médiéval), destinés à représenter localement un pouvoir ancré ailleurs : enclos fossoyé, porterie, logis avec grande salle d’apparat à l’étage, cheminées monumentales, cuisines, escalier monumental. La grosse tour, vraisemblablement l’ultime étape de ce grand chantier, ne serait pas en reste en parachevant cette logique de l’ostentation tout en associant les espaces privés. Si les niveaux inférieurs posent encore des questions, il est permis de voir dans les étages : salle de garde, chambre d’apparat et chambre de parement, agrémentés de baies, cheminées et latrines, le tout coiffé d’une charpente dont la conception participe à la magnificence des lieux.

Denis HayotDenis Hayot (Docteur en histoire de l'art, centre André Chastel)

Autour de Philippe Auguste : les fonctionnalités dans les tours maîtresses cylindriques du XIIIe siècle

Si elles sont bien caractérisées par leur architecture standardisée, les tours-maîtresses cylindriques de Philippe Auguste ont défié l’analyse quant à leurs fonctionnalités. Il faut dire qu’elles cultivent les paradoxes : intégrées dans l’enveloppe défensive de la forteresse, elles restent pourtant souvent dépourvues de capacités défensives avant le niveau sommital ; disposant d’un équipement de confort et d’hygiène, elles ne semblent pourtant guère autoriser la résidence royale. En somme, des ouvrages ni vraiment défensifs, ni franchement résidentiels, ni simples tours-symboles…

D’où l’idée de tour-mixte, qui témoigne surtout de notre embarras à les définir. Pour comprendre ces ouvrages spécifiques, il faut se reporter aux indices fournis par les sources écrites, qui révèlent des fonctions diverses et variées, souvent en lien avec des exigences sécuritaires, mais pas nécessairement toutes permanentes. Hors de l’œuvre du roi enfin, les sources sont souvent moins informatives, mais la tendance générale semble identique, avec toutefois une spécialisation des niveaux plus sensible, ainsi que l’apparition de nouveaux types fonctionnels.

Jean MesquiJean Mesqui (Docteur es lettres, UMR 6223 CESCM Poitiers)

Le Crac des chevaliers en Syrie : un cas exemplaire de restructuration verticale d'une forteresse croisée

Sur environ un siècle, le Crac des chevaliers a fait l'objet d'un chantier de construction quasi permanent, et s'est renouvelé sur lui-même d'une façon remarquable, surtout en son front Sud. Fondé dans les années 1170, celui-ci a été profondément restructuré durant la grande campagne où s'est constitué son fameux glacis.

Mais il n'a cessé de s'adapter par la suite à une double évolution : celle des armées en présence, et de leurs engins de tir de plus en plus performants, et celle de l'ordre lui-même, de plus en plus structuré et hiérarchisé au fil du temps. Retracer cette double évolution en examinant ses impacts, du bas en haut de la forteresse, permet d'aborder le château avec un regard croisé entre l'histoire de la poliorcétique et celle des ordres militaires.

Christian PiozzoliChristian Piozzoli (SRA Île-de-France)

Le château de Dourdan (Essonne) : éléments d'interprétation fonctionnelle du bâti

Le château de Dourdan est l'une des constructions castrales les plus abouties de la fin du règne de Philippe Auguste. Ces dernières années, la documentation disponible a considérablement évolué en raison d'interventions d'archéologie préventive et d'une interprétation fine de la miniature « avril » du calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry. D'autre part, l'analyse parcellaire du cadastre napoléonien permet de mieux connaître l'environnement immédiat du site.

Ces nouveaux éléments autorisent une meilleure connaissance du château. Il est ainsi possible d’évoquer la volumétrie initiale de la tour maîtresse et de présenter des hypothèses d’interprétation fonctionnelle pour ses différents niveaux. Les autres bâtiments castraux - le logis, la chapelle, les annexes - ont été appréhendés soit lors d’interventions archéologiques, soit par les archives immédiatement postérieures au siège de 1591. Enfin, à l’Époque moderne, le maintien de fonctions administratives a pour conséquence l’entretien des anciennes maçonneries, raison pour laquelle le site nous est parvenu en excellent état de conservation.

SAMEDI 19 OCTOBRE MATIN : TRANSPERIODE, XIII-XVE

Christian CorvisierChristian Corvisier (historien de l'architecture)

L'organisation interne de trois trous maîtresses résidentielles gothiques : Montépilloy, Septmonts, Cerny-lès-Bucy

Le nord-est de l'Île-de-France, du Valois au Laonnois, a été un terroir fécond de création castrale du XIIe au XVIe siècle sous influence directe de l'architecture royale. En retrait de notoriété des programmes grandioses de Coucy, Pierrefonds ou La Ferté-Milon, quelques châteaux y affirment, avec un remarquable degré d'ambition, le choix de la tour-maîtresse « gothique », parfaitement aménagée pour la fonction résidentielle seigneuriale à structuration verticale. Il a paru intéressant de revisiter trois d'entre elles, dont l'addition couvre une période chronologique allant de la fin XIIe s. à la fin du XVe s., pour tenter de préciser leur organisation interne et la hiérarchisation des espaces, à partir de la lecture de l'architecture, faute de sources archivistiques susceptibles de qualifier la fonction des étages.

La tour de Montépilloy, en Valois, de plan circulaire, est la plus monumentale mais aussi la moins bien conservée des trois ; elle présente l'intérêt d'une construction luxueuse de la fin du XIIe s. remaniée avec le même niveau de qualité au début XVe s. Septmonts, tour unitaire de plan complexe sur base circulaire, bâtie dans le dernier tiers XIVe s. pour l'évêque de Soissons Simon de Bucy, magnifiquement conservée, est un sommet de virtuosité architecturale dans la mouvance du renouveau du château gothique initié par Charles V au Louvre et à Vincennes. Enfin, la tour carrée de Cerny-lès-Bucy, œuvre d'un seigneur de moindre relief, à la fin XVe s., montre un attachement conservateur, presque anachronique, à la formule de la tour maîtresse confortable, retranchée du reste du château comme celle de Montépilloy (et à la différence de celle de Septmonts), par une défense sophistiquée de sa porte, dans une recherche d'autonomie résidentielle et défensive.

Barbara Delamarre et Dominique AlliosDominique Allios (MCF HDR archéologie médiévale, université Renne 2, UMR 6566 LAHM)
Barbara Delamarre (docteur en histoire de l'art, UMR 6566 LAHM)

Le château de Murol, le mirage des cimes

les Carnets de Guillaume de Murol du XIVe siècle étudiés par Pierre Charbonnier. Ces textes relatent par le menu la vie de la seigneurie de Murol et apportent des indications sur l'organisation du château. De plus, deux inventaires notariés de 1562 et de 1663 décrivent le château pièce par pièce, niveau par niveau. La confrontation avec les études historiques, archéologiques et en histoire de l'art permet de proposer une cartographie des états successifs du château de Murol du XIIe au XVIIIe siècle des caves aux courtines. Cette exploration inclut les aménagements techniques, domestiques, militaires tout comme les décors suivant la trame chronologique fixée par l'étude de l'archéologie du bâti. Elle propose de suivre l'évolution de l'organisation du château balançant entre fonctionnel et ostentatoire, dans une économie de la nécessité du paraître : muraille perchée sur piton de lave au XIIe siècle, tour suivant le modèle de Philippe Auguste à la fin du XIIIe siècle, demeure bourgeoise au XVe siècle en plein château, palais éphémère sur trois niveaux à la Renaissance, prison au XVIIIe, ruine au XIXe, parc à thème au XXIe siècle.

Ces différentes fonctions et leurs formes architecturales renvoient à des formules connues dont l'imitation est assumée par le jeu des références, mais leurs combinaisons et leurs interactions mémorielles sont remarquables à Murol : on construit une chapelle romane au XIVe siècle : on surélève les courtines au XVIe siècle. Toutes ces périodes cherchent à matérialiser par la verticalité l'organisation féodale. Cette analyse est confrontée à d'autres sites castraux et résidences seigneuriales (grottes de Jonas, de Boissière, Montpeyroux…)

Guillaume FrantzwaGuillaume Frantzwa (Conservateur du patrimoine au centre des Archives diplomatiques)

Verticalité de la rhétorique seigneuriale : tours, baies et crénelages dans les logis aristocratiques de Metz et de sa région (XIIe-XVe siècles)

Au début de l'époque gothique, le logis aristocratique messin s’est développé en s’inspirant du modèle du donjon roman, par essence vertical. Ce type d’habitat, sous influence castrale, s’est ensuite assoupli à la faveur d’un contexte local complexe et dynamique, mais la volonté de conserver la symbolique seigneuriale – par l’emploi de tours et de créneaux – a perduré chez de nombreux constructeurs jusqu’à la fin du Moyen Âge, de même que le souci de hiérarchiser les différents niveaux d'habitation. Ces dispositions architecturales nous apprennent que l’organisation verticale des demeures obéit à une double logique fonctionnelle et esthétique, visant à contrôler les allés et venues des visiteurs et à démontrer un statut social. Ces constatations pratiques, appuyées sur l’organisation interne des bâtiments, sont complétées par les sources textuelles. Ces dernières permettent notamment de distinguer les usages propres aux structures verticales – tourelles, tours et colombiers – qui peuvent exister dans les différents types de logis.

Aux questions structurelles s’ajoutent au demeurant le souci récurrent de s’ancrer dans un schéma esthétique strict, qui identifie les habitants des maisons concernées comme des membres de l'élite dominante, et spécifie clairement les fonctions attendues des différents étages : commerciaux, domestiques et résidentiels. L’évolution de la maison messine se décline en plusieurs types, mais tous reprennent ces caractéristiques structurelles et ornementales. Un dialogue semble cependant s’esquisser au xve siècle entre les logis urbains et les châteaux de la région. Ceux-ci reprennent le vocabulaire des demeures messines, et semblent épouser des structures comparables, reléguant les symboles de domination classiques – donjon et tours – à un rôle démonstratif plus que fonctionnel, tandis que les dernières grandes demeures de la toute fin du Moyen Âge à Metz réaffirment leur statut noble par une rhétorique seigneuriale revigorée.

Alain KersuzanAlain Kersuzan (docteur en histoire, UMR 5648 CIHAM, université Lyon 2)

Les loges. Pour aller de bas en haut et d'une tour à l'autre par l'extérieur, mais sans sortir

Les châteaux savoyards sont, au XIIIe siècle jusqu'au milieu de XIVe, des édifices purement militaires ayant, dans l'ensemble, très peu de confort. Utilisés exclusivement pour la guerre que les comtes livraient alors aux dauphins de Viennois, ils n'étaient que des outils au service de leur politique belliqueuse et territoriale.

Avec le traité de Chapareillan (Isère) en 1334, plusieurs causes de l'âpre conflit qui opposait les deux princes et leurs alliés furent résolues (mais pas toutes) pour la région de Bresse et de Bugey où la guerre était la plus farouche. L'argent englouti par les chevauchées, les sièges et les soldes des clients fut alors utilisé, pour certains châteaux, à une restructuration complète de leurs espaces et de leurs bâtiments.

Le château de Pont-d'Ain, aux confins de la Bresse et du Bugey, en est un des meilleurs exemples, puisque sa transformation de forteresse en château résidentiel amena à ce que plusieurs comtesses et princesses de Savoie viennent y passer les dernières semaines de leur grossesse et accouchent ici. Nombre de princes et de princesses sont nés à Pont-d'Ain, la plus célèbre étant Louise de Savoie, la mère de François Ier.

Parmi les éléments architecturaux qui ont donné un confort aux circulations tant horizontales que latérales sont les loges. Ces constructions établies entre tours ou entre tour et aula permettaient de monter ou descendre et d'accéder d'un étage à l'autre des bâtiments à l'intérieur d'un édifice spacieux et confortable, parfois chauffé, souvent décoré que les textes de l'époque appellent des loges (logia). Chaque étage de celles-ci avait « une chambre » qui servait de lieu de réunion, de salle d'attente, de rencontres et de palabres et d'espace où dormir, en plus d'un escalier parfois monumental.

Ce sont de ces édifices, plaqués au recto des courtines dont la façade était toujours en retrait par rapport aux édifices symboliques du pouvoir (grande tour et aula) dont nous aimerions parler à partir de l'exemple du château de Pont-d'Ain et de sa célèbre « tour de Marguerite d'Autriche » en même temps que des comparaisons avec ceux de Chambéry et du Bourget autres résidences castrales des comtes de Savoie.

SAMEDI 19 OCTOBRE APRES MIDI

Nicolas FaucherreNicolas Faucherre (professeur d'archéologie, université d'Aix-Marseille, UMR 7298 LA3M)

Le château de La Bâtie (Savoie). Changements de distribution résidentielle et défensive

Le château de La Bâtie, grand ensemble inédit assis sur une échine dominant la combe de Chambéry, était fief des Seyssel, proches conseillers du duc de Savoie, puis des d'Oncieu ; son étude bénéficie ainsi de sa continuité familiale, avec archives et mobilier, mais aussi du relevé tout neuf que nous avons produit récemment.

Archétypal de l'évolution de la distribution aristocratique de 1300 à 1850, le château va connaître trois étapes principales à partir d'un noyau composé d'une salle à grosse tour circulaire, précédée d'une porterie avec chapelle. La campagne des années 1480 voit l'inversion de l'accès et de son système de défense, du col à l'ouest vers celui de l'est, la surélévation des niveaux du logis avec tour de garde-robes accolée au nord, la centralisation des distributions verticales par une grande vis, plus tard prolongée d'une galerie reliant la grosse tour en façade ; la chronologie fine de cette campagne est permise par l'évolution des orifices de tir pour armes à feu. Le XIXe siècle va poser l'ensemble sur une vaste terrasse d'agrément, reprendre intégralement les combles, remodeler les espaces grâce au couloir et adosser une aile de cuisines au corps principal ; le goût d'antiquaire des maîtres des lieux voit l'intégration de mosaïques antiques et de couronnements troubadour dans le programme..

Christian RémyChristian Rémy (docteur en histoire)

L'utilisation des espaces du château au prisme des inventaires : tendances et évolutions (Limousin et Périgord, XIVe-XVIIIe siècles)

Les fonctions du château, lieu d'habitat à l'enveloppe plus ou moins fortifiée, pôle économique et centre judiciaire, expressions architecturales d'une suprématie sociale, sont bien connues. Mais le fonctionnement quotidien des espaces castraux, de la cave aux greniers, des logis aux tours, est trop souvent perçu à l'aune de principes en œuvre dans les grandes demeures royales, à l'étiquette et aux besoins pas forcément représentatifs de la majeure partie des demeures nobiliaires du royaume. L'usage, ou plus exactement les usages, qui sont faits des grandes résidences castrales ne peuvent être réellement perçus que par des documents permettant d'accéder à la vie quotidienne, presque intime, de leurs occupants.

Les inventaires, de quelque type qu'ils soient, donnent à cette quête un relief particulier en ce qu'ils permettent d'appréhender le fonctionnement réel et vécu des espaces du château. Ils sont le reflet de la manière dont les usagers du château vivaient leur demeure. L'exposé permettra d'aborder ce sujet au travers d'une série d'inventaires concernant des châteaux du Limousin et du Périgord, sur plusieurs générations, entre le XIVe et le XVIIIe siècle, et d'en proposer à la fois quelques tendances fortes et pérennes mais aussi des évolutions significatives, qui doivent nous amener à porter un regard moins figé sur les enveloppes de pierre que nous abordons dans nos recherches.

Emmanuel LitouxEmmanuel Litoux (conservateur du patrimoine, pôle archéologie CP Maine-et-Loire, UMR 6566 CReAAH)
Jean-Yves Hunot (ingénieur, pôle archéologie CP de Maine-et-Loire, UMR 6566 CReAAH)

L'utilisation de l'étage de comble dans les résidences seigneuriales angevines entre le XIVe et le XVIe s.

Dans la mesure où les volumes des pièces principales montent presque systématiquement sous charpente jusqu'au début du XVe siècle, il sera rappelé la façon dont les étages de comble font leur apparition vers le milieu du XIVe siècle pour se généraliser à partir du milieu du XVe siècle.

Dans beaucoup de manoirs, et pas seulement les plus modestes, l'étage de comble n'est pas véritablement habitable et ne sert que de grenier (absences de fenêtres et de cheminées, entraits au-dessus du sol, accès parfois malcommode, descriptions données par les inventaires après décès....) On pourrait par conséquent penser que le comble, lorsqu'il est aménagé comme espace habitable, n'héberge que des pièces de moindre importance (galetas pour le personnel de service). La communication s'attachera à montrer que tel n'est pas toujours le cas, en particulier dans certains corps de logis où l'aménagement du comble permet de dédoubler les appartements seigneuriaux pour les superposer.

La question sera posée de savoir dans quelle mesure l'importance des fonctions hébergées dans le comble influe sur la qualité du traitement architectural des toitures et des superstructures (lucarnes, pignons ornés, faîtage, mise en exergue de la partie supérieure de la tour d'escalier...)

Caroline Chauveau et Céline ChauveauCaroline Chauveau (Inrap), Céline Chauveau (Hadès)

Verticalisations plurifonctionnelles et interdépendances entre les édifices du « vieux château » de Châteaubriant, du XIIIe au XVIe siècle

En 2012, l'étude archéologique du bâti du front sud-est de la résidence seigneuriale de Châteaubriant a permis de mener une réflexion sur l'organisation spatiale, les circulations, verticale et horizontale, et la fonction des espaces internes de deux logis et de la tour-maîtresse. La première phase de construction date de la première moitié du XIIIe siècle et sert d'appui à la tour-maîtresse édifiée dans le deuxième tiers du XIVe siècle, peu avant la construction du grand logis contre son angle sud-ouest. Entre le XVe et la fin du XVIe siècle, ces deux édifices sont articulés ensemble aussi bien verticalement qu'horizontalement, ce qui donne lieu à d'imposantes campagnes de constructions.

Un deuxième logis est ajouté entre la tour et le grand logis et impose un changement d'accès au donjon. La fonction résidentielle est clairement affirmée dans ces édifices, elle perdure pendant trois siècles alors que les attributs défensifs font l'objet d'adaptations au gré des surélévations et des modifications architecturales. La tour-maîtresse constitue un pivot, sorte de noyau où rayonnent les espaces domestiques et d'apparat. De fond en comble, le pôle résidentiel du « vieux château » de Châteaubriant témoigne de l'évolution d'un habitat aristocratique entre le XIIIe et le XVIe siècle, période pendant laquelle la hiérarchisation des espaces liés à la vie quotidienne et à l'exercice du pouvoir seigneurial perdure.

Thomas Robardet-CaffinThomas Robardet-Caffin (architecte diplômé d'État, doctorant en histoire de l'art médiéval)

Les superpositions des usages et leurs évolutions dans les châteaux de crête du nord Montpelliérain

Les châteaux médiévaux du nord Montpelliérain sont pour majorité installés sur des terrains naturellement élevés et escarpés, la roca. Aux XIe et XIIe siècles, seules les parties symboliques représentant le pouvoir ou certains éléments défensifs ont une élévation importante dans ces castra.

La verticalisation de la résidence s'observe majoritairement à partir du XIIIe siècle et se poursuit ensuite dans les édifices qui ne sont pas abandonnés. À mesure que le château grossit, un manque de place dû au terrain escarpé se fait ressentir. L'implantation des forteresses royales dans le midi après la croisade des Albigeois influence également les modes de construction de l'aristocratie locale.

Au milieu du XIIIe siècle, la partie haute du château de Viviourès (ou la Roquette) est reconstruite à la place de l'ancien château féodal par le sénéchal de Carcassonne, Guillaume de Pian. Il introduit, dans la région, une nouvelle manière d'habiter sur une crête issue de l'architecture des châteaux royaux. Placé en vis-à-vis de ce dernier, Montferrand est le château des comtes de Melgueil. Les strates architecturales se sont accumulées grâce à sa longévité d'occupation (XIe-XVIIe siècle). Il offre ainsi un exemple remarquable de persistance d'un habitat aristocratique sur la roca et de sa verticalisation progressive durant près de 600 ans.

DIMANCHE 20 OCTOBRE MATIN, XVE SIECLE

Hervé MouilleboucheHervé Mouillebouche (maître de conférences HDR en histoire médiévale, Université de Bourgogne, UMR 6298 ARTEHIS)

Occupation des étages et des combles dans le logis neuf de Philippe le Bon à Dijon

Une partie de l'hôtel de ville de Dijon et du musée des beaux arts est installé dans le « logis neuf », construit par Philippe III, duc de Bourgogne, de 1450 à 1455. Les comptes de construction permettent d'identifier avec certitude l'usage des pièces du rez-de-chaussée (échansonnerie, chambre des joyaux, celliers) et du premier étage (poêle, chambre et garde-robe du duc, chambre de la duchesse, grande salle, chambre/garde robe/retrait derrière la grande salle.

Or, ces comptes décrivent des appartements ducaux trop restreints, et ne disent rien de l'occupation des étages et des combles. Pour avoir une compréhension générale du bâtiment, il faut d'une part reconstituer le bâtiment antérieur, qui a servi de patron au logis neuf, et d'autre part regarder de près les ordonnances d'hôtel publiées par Philippe III puis Charles le Téméraire. La tour de la Terrasse, qui domine le logis neuf, a visiblement été remontée sur ordre de Philippe III. Mais il est actuellement difficile de savoir s'il voulait en faire un belvédère ou un observatoire astronomique.

Michel FournyMichel Fourny (archéologue ; Société royale d'archéologie de Bruxelles ; Palais de Charles Quint)

L'Aula Magna du palais du Coudenberg à Bruxelles. Tentative de restitution de l'organisation spatiale et fonctionnelle du bâtiment, des caves aux greniers, au milieu du XVe siècle

Lorsqu'il hérita du duché de Brabant en 1430, le duc de Bourgogne Philippe le Bon prit pied à Bruxelles en veillant en priorité à rénover le corps de logis du château de ses prédécesseurs. La construction, dès 1452, d'une nouvelle aula surdimensionnée à l'échelle de ses ambitions, encouragea le duc à privilégier l'hôtel bruxellois comme principale résidence de ses « pays de par-deçà ». La démolition d'une partie de l'aile ouest de l'ancien complexe castral permit la mise en œuvre du projet audacieux d'une très vaste salle d'apparat, indépendante du corps de logis. Suite à l'incendie qui ravagea le palais du Coudenberg en 1731, seules subsistent du bâtiment de l'aula les ruines de salles basses. Partiellement enterrées, elles faisaient office de socle à la grande salle qui occupait toute la superficie du bel étage.

Grâce aux fouilles réalisées depuis les années 1990, l'enquête archéologique permet d'identifier les constructions d'origine des aménagements ultérieurs et de confronter les vestiges aux premières et rares mentions d'archives, remontant au XVe siècle, qui désignent notamment une « grande cuisine », des appartements et la cave à vin de la duchesse. À défaut de vestiges archéologiques in situ, la salle d'apparat nous est connue par des plans tardifs et par des témoignages de cérémonies et festivités qui s'y sont déroulées. Quant aux niveaux supérieurs, ils sont très peu documentés pour les périodes les plus anciennes mais on peut compter sur la riche iconographie du palais pour aider à en restituer les subdivisions qui sont à mettre en rapport avec l'évolution des affectations au cours des siècles.

Lucie GaugainLucie Gaugain (chargé de cours à l'université de Tours, UMR 7323 CESR)
Laura Millat (historienne de l'art indépendante)

Le château de Langeais : distribution et fonction des espaces

Le château de Langeais propose un exemple rare de construction castrale et résidentielle menée par Louis XI (1461-1483), comme le montre l'analyse dendrochronologique (CEDRE, Christophe Perrault) qui a permis de dater ses structures charpentées (planchers et combles) entre 1464 et 1469. La lecture du bâti autorise par ailleurs à restituer la chronologie du chantier et son évolution. La charpente de comble en particulier présente des dispositions peu cohérentes qui pourraient résulter de modification du projet initial.

Dans ces dispositions actuelles, le château de Langeais adopte un plan en L qui s'élève sur cinq niveaux dans les logis, dont un de combles, et six dans les tours. L'aile méridionale, aux niveaux une fois et demi plus haut que l'aile orientale, abrite une superposition de trois – voire quatre – grandes salles. Dans l'aile orientale, se succèdent une enfilade de quatre pièces, avec des annexes dans les tours, et un châtelet d'entrée. L'ensemble est desservi de fond en comble par deux escaliers en vis. Il en résulte un ensemble de près d'une cinquantaine de pièces de dimensions plutôt modestes dont les dispositions semblent pouvoir se combiner selon différents schémas.

Il s'agira d'analyser la distribution actuelle et de la confronter à celle peut-être projetée initialement que nous livre l'analyse conjointe de la charpente, de l'ordonnance des façades et du bâti.

Christophe AmiotChristophe Amiot (ACMH)

Pièces hautes au dessus de l'escalier dans les manoirs bretons

Un grand nombre de manoirs et châteaux bretons, présentent une pièce haute établie au-dessus de l'escalier. Celle-ci varie, tant par son plan que par son volume et sa silhouette générale. Son aspect est directement lié à celui de l'escalier qui la supporte. Établie en façade le plus souvent, plus rarement sur la façade postérieure, on la retrouve aussi bien au-dessus des escaliers en vis que des escaliers rampe sur rampe installés dans une aile perpendiculaire ou marquant de sa silhouette saillante la couverture de la travée centrale d'escalier.

Elle a donné lieu, principalement au tournant des XVe et XVIe siècles à des compositions architecturales qui marquent très fortement la silhouette du manoir, avec tourelles d'accès secondaires sur culots, porte-à-faux supportés par d'imposants encorbellements, ruptures de plans, hauts volumes de couvertures. L'observation de ces ouvrages permettra d'en étudier l'usage, en fonctions des équipements dont ils sont dotés : le plus souvent pièces d'études, chambres hautes dotées de cheminées, espaces mixtes de défense ou espace de service, pigeonniers ou réserves. L'étude des dispositifs d'accès permettra d'analyser les liaisons avec les autres espaces des logis. Il sera intéressant d'essayer de retrouver l'éventuelle influence des bâtiments savants sur ces ouvrages régionaux et d'observer l'évolution des différents courants de la province.

DIMANCHE 20 OCTOBRE APRES MIDI : RENAISSANCE ET MODERNE

Alain SalamagneAlain Salamagne (professeur d'histoire et d'archéologie médiévale, université de Tours UMR 6579 CESR)

Du Louvre à Chambord : décor et fonction des parties hautes des châteaux

Le traitement architectural particulier des parties hautes de certaines tours des châteaux à partir de la fin du XIVe siècle est désormais bien connu : leur monumentalité fut accentuée par l'insertion d'un double couronnement qui fut la plupart du temps richement orné d'un décor polychrome. Cette particularité propre aux châteaux franco-bourguignons devint un trait fondamental de l'architecture à la française au cours du XIVe siècle, qui faisait encore au XVIe siècle l'admiration des voyageurs italiens.

Participaient entre autres de ces ornements de toit les sculptures, les vitraux, les enseignes, les bannières, les faîtières luxueusement ornées à la feuille d'or. Mais au-delà de cette apparence et de l'éclat de ce décor, la question doit encore être posée de la signification de ces signes comme marqueurs de l'occupation noble des parties hautes des châteaux.

Étienne FaisantÉtienne Faisant (Post-doctorant, labex Écrire une histoire nouvelle de l'Europe)

Des fossés aux toits : organisation verticale des châteaux royaux français au XVIe siècle

À la différence de bien des résidences seigneuriales, les châteaux royaux, en tout cas ceux destinés à accueillir la cour, n'offraient jamais assez de place pour loger tous ceux qui entouraient les souverains et l'on n'y comptait donc guère d'espaces sous-utilisés. Le premier étage, le plus recherché, abritait le plus souvent les logis du roi, de la reine et de quelques membres privilégiés de leur famille ou de leur entourage. Le deuxième étage, dont l'usage est souvent très mal connu, apparaît avoir été ensuite le niveau le plus prestigieux et était ainsi affecté à Saint-Germain-en-Laye sous François Ier comme sous Henri II aux enfants royaux. Le rez-de-chaussée, enfin, s'il était l'étage le moins privilégié, était lui aussi utilisé par de hauts personnages et, au côté des espaces indispensables à la vie et la surveillance de la résidence, renfermait les logements de représentants éminents des plus grandes familles du royaume ou des grands officiers de la couronne.

Les fonctions serviles étaient en effet, dans leur très grande majorité, rejetées hors du château au sens le plus strict, l'essentiel des cuisines étant ainsi placées dans la basse-cour et les écuries souvent reportées encore au-delà. On note également le faible recours aux caves à l'intérieur des résidences royales. Les fossés pouvaient en revanche être utilisés comme espaces d'agrément, au même titre que les toits, servant de lieux d'observation pour les plaisirs de la cour.

En s'appuyant sur les cas les mieux documentés, il s'agirait donc de parcourir les différents niveaux des résidences royales de la Renaissance française, en s'attachant à présenter à la fois les dispositions récurrentes et les situations plus remarquables. Le logis du roi fut ainsi parfois, sous Henri II, placé de plain-pied avec le jardin, tandis que l'on voit s'affirmer le goût des souverains pour des espaces privés disposés en hauteur, au-dessus de leurs logis.

Alexandre MahueAlexandre Mahue (doctorant en histoire de l'art moderne - Aix-Marseille Université - UMR 7303 TELEMME)

« A-t-on un palais ? » : les mutations par étage de la distribution intérieure des châteaux de Provence entre le milieu du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle.

C'est par cette interrogation que le marquis de Mirabeau, physiocrate provençal, évoquait en 1759 l'évolution spectaculaire de la distribution intérieure des demeures patriciennes dont il était le témoin privilégié. Les châteaux de Provence connaissent, à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle et jusqu'aux dernières année du XVIIIe siècle, d'importantes transitions architecturales qui ne sont pas sans conséquences sur leurs principes de distribution. La répartition des espaces de vie et de représentation se voit, dans plusieurs cas et sous différentes formes, profondément renouvelée.

À l'aune d'une documentation inédite constituée de plans, d'inventaires et de rapports éclairant la distribution intérieure des châteaux de cette province pendant cette période riche en chantiers, une analyse sérielle des logiques d'aménagement et de redistribution des espaces permettra de mieux mesurer l'ampleur de ce phénomène et apprécier ses spécificités locales. Par la complexité sociale du groupe nobiliaire en Provence et l'ancienneté de certains châteaux qui subissent de subtiles refontes, le profil des commanditaires apparaît dans plusieurs cas comme aussi déterminant que les contraintes architecturales qui se sont imposées à une société soucieuse d'observer usages nouveaux, traditions seigneuriales et traités d'architecture.

Nicolas FaucherreNicolas Faucherre

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