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Résumé des communications du colloque L'eau dans le château

18-20 octobre 2013 - Château de Bellecroix (Chagny - S. & L.)

Colloque dans la chapelle du château de BellecroixLes inteventions ont eu lieu dans a chapelle de la commanderie de Bellecroix.

Hervé MouilleboucheDans son introduction, Hervé Mouillebouche a insisté sur l'ouverture du colloque de Bellecroix à tous les points de vues et à des chercheurs venant de tous horizons.
Puits du château fort de Logne - Ferrières - BelgiqueEn fin de première journée, projection d'un film sur les fouilles du puits du château de Logne de 1990 à 2004 sous la direction de Benoît Wery.
Nicolas FaucherreNicolas Faucherre a conclu le colloque de façon tant lyrique qu'humoristique.

 

Détail des interventions : cliquez sur le nom de l'intervenant pour accéder directement au résumé dans la page.

vendredi 18 octobre
  • Élisabeth SIROT - L'eau dans les maisons de la petite aristocratie rurale (XIIIe- XVIe s.)
  • Alain KERSUZAN - L'alimentation en eau des châteaux de relief dans le Revermont et le Bugey au Moyen Âge (XIIIe-XIVe s.)
  • Robert CHEVROT - L'alimentation en eau des châteaux de relief dans le Revermont et le Bugey au Moyen Âge (XIIIe-XIVe s.)
  • Louis LAGROST - Le Puits du château du Breuil (Saône-et-Loire)
  • Judicaël de La SOUDIÈRE-NIAULT - L'alimentation en eau médiévale et moderne du Haut-Kœnigsbourg
samedi 19 octobre
  • René-Pierre LEHNER - Un problème dans certains châteaux : l'évacuation des eaux de toiture au travers des murs
  • Jérôme BENET - Le creusement du puits du donjon de Semur-en-Auxois au XVe s. (Côte-d'Or)
  • René KILL - La citerne à filtration, un type de point d'eau particulier des châteaux forts du massif vosgien (Alsace et versant lorrain)
  • Jean CHAPELOT - La gestion de l'eau dans le château de Vincennes aux XIIIe-XIVe s. : adductions, puits, citernes, eaux pluviales et usées. Des aménagements à l'échelle d'une ville
  • Marie HENRION - Tours-puits et citernes dans les châteaux médiévaux des anciens Pays-Bas
  • Jean-Bernard de VAIVRE - L'eau dans le château en Chypre et dans le Dodécanèse
  • Martine BREUILLOT - L'eau et les châteaux francs de Messénie (Péloponnèse, XIIIe-XVe s.)
  • Daniel MOUTON - Éléments du dispositif d'alimentation en eau d'un petit château provençal (XIIe-XIVe s.) Le Castellet, Allemagne-en-Provence (Alpes-de-Haute-Provence)
  • Jean MESQUI - La gestion de l'eau au Crac des chevaliers du XIIe au XIVe s.
dimanche 20 octobre
  • Jean-Paul CHARBONNEAU - La citerne du château de Villeneuve-la-Comtesse (Charente Maritime), intention maligne ou prouesse technique ?
  • François BLARY - La gestion de l'eau dans le château. Entre nécessité d'occupation et ostentation du confort hydraulique : l'exemple de Château-Thierry (Aisne, XIIe-XVIe s.)
  • Lionel DROIN - Victorien LEMAN - La gestion de l'eau au château de l'Arsenal de Condé-sur-l'Escaut (Nord), du XIIIe au XVIIIe s.
  • Laurent d'AGOSTINO - L'alimentation en eau au château de Polignac (Haute-Loire), données des recherches archéologiques
  • Celia CONDELLO - Le château ducal de Moulins (Allier) : gestion technique et symbolique de l'eau, entre défense et ornementation (fin XIVe-XVIe s.)
  • Ronan BOUTTIER - Les bains dans les châteaux royaux d'Île-de-France à la Renaissance
  • Bruno BENTZ - Eau froide, eau chaude : l'alimentation des bains du château de Marly (Yvelines)
  • Éric SOULLARD - Versailles et le Louvre sous Louis XIV : l'étanchéification et le curage des fosses d'aisance, un tournant dans l'hygiène ?

 

vendredi 18 octobre

Élisabeth SIROT

Élisabeth SIROT

Maître de conférences HDR en archéologie médiévale, Université de Lyon 2, UMR 5648 CIHAM

L'eau dans les maisons de la petite aristocratie rurale (XIIIe- XVIe s.)

Les maisons de la petite aristocratie qui conservent une grande partie de leur structuration médiévale constituent une source précieuse pour aborder les aspects liés aux équipements et à la vie domestique au Moyen Âge.

L'approvisionnement en eau est un facteur déterminant dans le choix de leur implantation, les textes rendent bien compte de l'intérêt porté à l'eau pour évaluer le domaine, la présence d'une source ou d'un ruisseau à proximité permet d'alimenter les fossés. La cour joue un rôle majeur dans l'arrivée et l'acheminement de l'eau : bourneaux ou conduits en bois, bassin pour récupérer l'eau de pluie, réservoir pour faire boire les animaux, l'eau est aussi source de prestige et de jouissance quand elle alimente les fontaines et jeux d'eau.

L'emplacement du puits est soigneusement étudié pour faciliter la distribution de l'eau : à l'extérieur de la maison à proximité d'une baie, ou bien à l'intérieur, dans la cuisine ou la resserre. Des dispositifs tels que la pierre à eau ou l'évier installé au fond d'une niche avec écoulement directement à travers le mur subsistent en grand nombre. À leur tour les inventaires après décès énumèrent tous les récipients destinés à contenir et à transporter l'eau : seaux, bassins, cuves ou aiguières permettant de se laver les mains avant le repas.

Les occupants sont de grands consommateurs d'eau pour la vie domestique, le nettoyage des sols, la préparation et la cuisson des aliments mais également pour l'hygiène et le rituel religieux qui nécessite la présence du bénitier et du lavabo liturgique dans la chapelle seigneuriale.

Alain KERSUZAN

Alain KERSUZAN

Docteur en histoire, Université de Lyon 2, UMR 5648 CIHAM

L'alimentation en eau des châteaux de relief dans le Revermont et le Bugey au Moyen Âge (XIIIe-XIVe s.)

L'eau, ambivalente par les bienfaits qu'elle apporte et les dégâts qu'elle peut provoquer, est relativement facile à capter lorsque les hommes ont leur résidence et leurs activités à proximité d'une rivière ou d'un lac. Il en est tout autrement lorsqu'ils se sont établis sur une hauteur rocheuse, sans ruisseau ni torrent à proximité. Ils durent entreprendre d'importants travaux pour la recherche, la captation et la conservation de l'eau dont ils avaient besoin.

Les châteaux-forts du Revermont et du Bugey, deux régions situées dans l'actuel département de l'Ain, fournissent plusieurs exemples des moyens techniques mis en œuvre pour les alimenter en eau. Comme les sites étaient dépourvus de jaillissements naturels proches et commodes, les hommes mirent en place différents systèmes pour avoir en permanence l'eau nécessaire à leurs besoins. Les difficultés techniques, les faiblesses des moyens financiers des sires de Coligny, les dépenses englouties par la guerre au temps des comtes de Savoie n'ont pas rendu possible le creusement de puits spectaculairement profonds comme on peut en voir en certaines régions (Berzé-le-Châtel, Besançon, Château-Gaillard, Haut-Kœnigsbourg, Falkenstein, Limburg et Dorneck dans le Palatinat, Douvres en Angleterre).

L'eau fut récupérée des toitures et stockées dans des citernes. Elle fut aussi captée depuis des sources parfois lointaines et transportée par canaux jusqu'à l'intérieur des châteaux pour alimenter d'autres citernes. Tout cela nécessitait des techniques, des pratiques spécifiques et ce travail avait un vocabulaire particulier. Les comptes des châtellenies nous apprennent avec moult détails quels étaient les matériaux, les façons de faire, les difficultés et les aléas des systèmes d'adduction et de conservation de l'eau.

Pratiques, techniques, vocabulaire de l'alimentation en eau des châteaux qui n'en avaient pas, tel est le thème que cette communication va essayer de donner.

Robert CHEVROT

Robert CHEVROT

Enseignant, président de l'association « la Tour du Bost », Bourgogne

La citerne de la tour du Bost (XIVe s., Charmoy, Saône-et-Loire) et son alimentation en eau

La Tour du Bost, énorme édifice du XIVe siècle, possède un système d'alimentation en eau complexe. Outre un puits extérieur aux dimensions impressionnantes, une source aménagée dans le sous-sol du bâtiment fournit en permanence une eau pure et fraîche. Elle alimente une citerne de 30/40 cm de profondeur qui occupe la moitié de la surface de cet étage.

Pour éviter que l'eau n'inonde la cave adjacente, la citerne est reliée à un canal d'évacuation qui traverse le mur et se jette à l'extérieur. Ces aménagements ont été planifiés et réalisés à la construction du bâtiment. Il semblerait même que la tour a été construite sur cette source qui a fait l'objet d'une légende, qui avait été comblée et suscitait maintes interrogations.

Louis LAGROST

Louis LAGROST

Archéologue, secrétaire du Comité Départemental de la Recherche Archéologique de Saône-et-Loire (CDRA 71)

Le Puits du château du Breuil (Saône-et-Loire)

La seigneurie du Breuil change de mains à la fin du 14e siècle. Elle appartient alors à la famille de la Garde qui la reçoit en fief du sieur d'Estrabonne seigneur de Nolay. Les fouilles que nous avons réalisées à partir de l'an 2000 montrent qu'au 15e siècle les de la Garde avaient abandonné la vieille motte féodale, jusqu'ici occupée par les Seigneurs éponymes du Breuil. Ils édifièrent leur nouvelle demeure un peu plus à l'ouest. Au 17e cette dernière fut rasée par Palamède Baudinot qui, au même emplacement, fit bâtir le château actuel.

Des substructions de la bâtisse précédente ont été conservées dans les fondations de la nouvelle. Il s'agit essentiellement d'une partie de la cuisine avec son puits, dans lequel on pouvait puiser l'eau depuis les étages supérieurs, et du système d'évacuation des eaux usées. Des éléments hétéroclites (linteaux avec accolade, pieds droits moulurés, colombages, fenêtre à coussièges, fenêtre à meneaux, colonnes etc.) provenant de la destruction de l'ancienne bâtisse du 15e, furent réutilisés pour construire la maison encore visible près de la grille d'entrée.

Judicaël de La SOUDIÈRE-NIAULT

Judicaël de La SOUDIÈRE-NIAULT

Architecte du patrimoine

L'alimentation en eau médiévale et moderne du Haut-Kœnigsbourg

Le château du Haut-Kœnigsbourg, l'un des plus grands châteaux forts d'Alsace, possède un des systèmes d'approvisionnements en eau les plus complets de la région. Les sources documentaires ont montré la nécessité de faire évoluer le système au cours de l'époque médiévale.

Entièrement restauré entre 1900-1908 par l'architecte Bodo Ebhardt, le château fut doté d'une alimentation en eau particulièrement moderne et jouant intelligemment avec la forte déclivité du terrain et les nouvelles techniques industrielles. Depuis 2011, un vaste chantier de mise aux normes transforme à nouveau l'ensemble du circuit d'alimentation en eau en visant notamment à redonner une autonomie à ce prestigieux château de montagne.

samedi 19 octobre

René-Pierre LEHNERRené-Pierre LEHNER

Archéologue des bâtiments

Un problème dans certains châteaux : l'évacuation des eaux de toiture au travers des murs

Généralement, les pans de toiture couvrent le mur gouttereau et débordent. Ainsi, l'eau et la neige sont évacuées facilement en tombant tout simplement depuis le bas de la couverture (égout libre). L'eau peut également être collectée et acheminée sur une certaine distance par l'intermédiaire d'une gouttière. Dans ce cas, l'eau est ensuite rejetée, ou recueillie pour des usages divers.

Quelques fois, pour diverses raisons assez fréquentes dans l'architecture castrale, le bas du pan de toiture se trouve face à un mur, un parapet par exemple. La question de l'évacuation des eaux de toiture est alors plus complexe et génère différents types de solutions. Les eaux pluviales peuvent être collectées pour être ensuite rejetées par une ou plusieurs gargouilles. Dans d'autres cas, l'eau est évacuée par le plus court chemin, c'est-à-dire par l'entremise d'une succession de chantepleures perforant la maçonnerie.

Jérôme BENET

Jérôme BENET

Enseignant, vice-président de la Société des Sciences de Semur-en-Auxois

Le creusement du puits du donjon de Semur-en-Auxois au XVe s. (Côte-d'Or)

Imposant château quadrangulaire érigé à la fin du XIIIe siècle, le donjon de Semur-en-Auxois, siège d'un important bailliage du duché de Bourgogne, était à l'origine alimenté en eau par un simple puits situé en contrebas des courtines. Le duc Philippe le Bon entreprend au milieu du XVe siècle le percement d'un puits intra-muros et lance de vastes travaux de réfection des fortifications avancées. Les comptes de châtellenie fournissent une description détaillée des campagnes de travaux qui permet une étude comparative des différents coûts de construction.

Cette dernière met en évidence les dépenses considérables générées par le creusement d'un puits qui traduit la stratégie ducale visant à faire de l'ancien château féodal une forteresse désormais capable de soutenir un siège de longue durée.

René KILL

René KILL

Archéologue, co-responsable du Centre de recherches archéologiques médiévales de Saverne (CRAMS) et de la revue « Châteaux forts d'Alsace »

La citerne à filtration, un type de point d'eau particulier des châteaux forts du massif vosgien (Alsace et versant lorrain)

Dans une citerne à filtration, les parois et le fond d'une fosse, généralement de forme cubique, sont étanchéifiés par une couche d'argile. Au centre de la fosse se trouve un puisard de section circulaire en pierres sèches. Le volume entourant ce dernier est occupé par le remplissage filtrant, amalgame de fragments de pierre et de sable que l'eau de pluie provenant des toitures traverse en s'épurant puis, par le principe des vases communicants, pénètre dans le puisard central où elle peut être puisée. Le niveau de l'eau est donc le même dans le puisard central et dans le remplissage filtrant, mais c'est ce dernier qui en contient la plus grande partie. Cette conception particulière permet de nettement différencier les citernes à filtration des citernes-réservoirs, y compris celles munies d'un dispositif d'épuration.

Plus de 50 citernes à filtration, situées dans 44 châteaux différents, sont connues avec certitude dans le Massif vosgien, c'est-à-dire dans les deux départements alsaciens et sur son versant lorrain. Près des deux tiers d'entre elles se trouvent dans les châteaux des Vosges du nord, entre Saverne et la frontière du Palatinat, les autres dans la partie sud. Une vingtaine de ces citernes ont pu être fouillées entre 1982 et 2007 dans le cadre d'une étude sur l'approvisionnement en eau des châteaux forts de montagne alsaciens. En dehors du Massif vosgien, les citernes à filtration sont présentes dans une vaste zone géographique qui comprend l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, le nord de l'Italie (Tyrol du sud), ainsi que plusieurs pays de l'Est dont la Tchéquie et la Slovaquie. Elles semblent par contre quasi absentes des châteaux du reste de la France, constat pour lequel aucune explication satisfaisante ne peut être proposée.

Cette présentation abordera également la question de la capacité de stockage des citernes à filtration, beaucoup plus réduite que celle des citernes-réservoirs. Les aspects de caractère général tels que le mur de margelle, les modalités du puisage de l'eau, etc, ne seront par contre pas évoqués.

Jean Chapelot

Jean CHAPELOT

ERCVBE, UMR 8558, EHESS, CNRS

La gestion de l'eau dans le château de Vincennes aux XIIIe-XIVe s. : adductions, puits, citernes, eaux pluviales et usées. Des aménagements à l'échelle d'une ville

L'existence d'un manoir de chasse dans le bois de Vincennes est attestée par un acte signé en ce lieu par Louis VII en 1178. Fréquenté quelquefois par Philippe Auguste (1180-1223) et Louis VIII (1223-1226), Vincennes ne devient une résidence royale importante, deuxième lieu de séjour des souverains après le palais de la Cité à Paris, que sous le règne de Louis IX (1226-1270).

Ce changement de nature du site vers le milieu du XIIIe s. n'a pas laissé de traces architecturales, rien de visible dans l'actuel château ne remontant à avant le milieu du XIVe s. Mais les textes et les fouilles conduites dans le manoir de 1992 à 1996 sur une vaste échelle puis ponctuellement dans les années suivantes, montrent l'importance de ce changement. Autour du manoir, lieu de résidence du souverain et de sa famille, ou dans le bois de Vincennes, clos d'un mur depuis le début du règne de Philippe Auguste, l'aristocratie et les grands officiers disposent d'hôtels. Quand le roi est à Vincennes, ce sont deux ou trois cents personnes qui sont hébergés dans ces bâtiments, avec de nombreux chevaux. Pour répondre aux besoins élémentaires d'approvisionnement en eau, des aménagements divers, parfois de grande ampleur, ont été réalisés alors : ils seront conservés, rénovés et surtout développés lors de la construction de l'actuel château qui est bâti entre 1361 et 1380.

Quatre besoins élémentaires devaient être satisfaits : alimenter en eau des cuisines, des étuves, des chevaux, etc ; fournir de l'eaux aux daims et aux chevreuils enfermés dans l'enclos du bois où ne coule naturellement aucune eau de surface ; gérer les eaux pluviales et usées d'une vaste construction ; élever du poisson, indispensable pendant les périodes de maigre. Au delà de ces quatre points, il faut aussi penser que Vincennes est au XIVe s. une résidence fortifiée et qu'elle doit donc disposer d'un approvisionnement suffisant et assurée en eau par des citernes lui assurant une autonomie en cas de siège ou de troubles.

Pour répondre à tous ces besoins, les souverains ont mis en place dès le début du règne de Philippe Auguste et surtout à partir des années 1230 des aménagements exceptionnels.

Par l'ampleur de son inscription dans l'espace, sur plus de 5 km au nord au sud, par la nature et la diversité de ses aménagements, l'ampleur de ceux-ci, la gestion de l'eau dans la résidence royale de Vincennes aux XIIIe-XIVe s. répond à des besoins très variés et est à l'échelle de ce qui existe alors seulement dans quelques villes, dont la capitale, ou de grandes abbayes.

Marie Henrion Marie HENRION

Doctorante à l'Université catholique de Louvain, co-tutelle avec l'Université de Poitiers, UMR 6223 CESCM Poitiers

Tours-puits et citernes dans les châteaux médiévaux des anciens Pays-Bas

La tour de plan circulaire médiévale est souvent uniquement considérée comme un ouvrage offrant la possibilité d'une défense active. Le nombre d'angles morts est réduit, par rapport à la tour de plan en quadrilatère, et, dans la plupart des cas, elle est percée de fentes de tir. Pourtant, certaines tours n'ont pas exactement la même fonction : les tours-puits ou tours-citernes. Elles protègent un élément vital pour résister à un siège : l'eau, puisée dans les nappes phréatiques ou récoltée par certains systèmes ingénieux.

Cet ouvrage particulier se retrouve dans quelques châteaux médiévaux sur le territoire humide des anciens Pays-Bas. L'objectif de cette communication est de l'analyser, en tenant compte également d'ouvrages proches par leur fonction, mais d'une forme différente et plus commune : les citernes et les puits dans les châteaux de ces régions.

Jean-Bernard de VAIVRE

Jean-Bernard de VAIVRE

Correspondant de l'Institut, président de la Société d'Histoire et du patrimoine de l'Ordre de Malte

L'eau dans le château en Chypre et dans le Dodécanèse

Dans les pays méditerranéens, l'eau était, plus encore qu'ailleurs, une denrée indispensable à la vie dans les édifices fortifiés, souvent implantés en des sites d'accès difficile. Cette communication évoquera le cas des îles de Chypre et de Rhodes, en Méditerranée orientale.

En Chypre, les châteaux royaux construits sur les hauteurs de la chaîne du Pentadactyle – qui constitue une sorte de colonne vertébrale de l'île allant d'est en ouest – pouvaient abriter des dizaines d'hommes d'armes protégeant les membres de la maison de Lusignan, mais aussi les habitants des contrées voisines venus là se réfugier. Des citernes furent donc aménagées en divers points, comme ce fut le cas à Buffavent, à Saint-Hilarion et à Kantara. Il y en avait aussi dans les forteresses près de la côte, comme celle des Templiers à Gastria, dans la plaine de la Mésaorée à Sigouri où l'on faisait amener l'eau par un savant dispositif ou encore à Kolossi, siège important des Hospitaliers, qui y firent construire un aqueduc pour les besoins de la commanderie et celle de l'exploitation sucrière qui y était intégrée.

Sur l'île de Rhodes et les îlots du Dodécanèse appartenant aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, les problèmes étaient de même nature, d'où des citernes dans toutes leurs places, dans la ville fortifiée de Rhodes certes, mais aussi dans leurs nombreux châteaux des îles environnantes. Et lorsque les risques d'attaques prolongées, notamment à la fin du XVe siècle, se firent plus pressants, l'impossibilité de disposer de réserves suffisantes en certains forts conduisit même à les abandonner pour ne pas mettre en péril les petits contingents qui avaient la mission de les défendre.

Martine Breuillot

Martine BREUILLOT

Maître de conférences HDR, département d'études néo-helléniques, Université de Strasbourg

L'eau et les châteaux francs de Messénie (Péloponnèse, XIIIe-XVe s.)

Après une brève évocation des conditions climatiques du Péloponnèse, la communication présente par quels moyens sont alimentés en eau les châteaux de la Morée franque (Morée = Péloponnèse). Les citernes constituent un élément récurrent du bâti, facile à voir, même quand l'ensemble du château est ruiné. L'exposé tente d'en dresser la typologie, à partir de leur situation à l'intérieur de la forteresse, de plusieurs critères architecturaux et de la mise en relation avec les spécificités des châteaux (fonction, durée d'occupation). La présentation est complétée le cas échéant par une comparaison avec les châteaux d'Orient et les forteresses byzantines.

En l'absence de travaux écrits sur le thème de l'eau dans les châteaux de Morée, l'exposé s'appuie sur la connaissance du terrain et l'observation directe, avec en illustrations une dizaine d'exemples pour la plupart empruntés à la Messénie, région située au sud-ouest du Péloponnèse et bien représentative de la francocratie.

Daniel Mouton

Daniel MOUTON

Docteur en archéologie, UMR 7298 LA3M

Éléments du dispositif d'alimentation en eau d'un petit château provençal (XIIe-XIVe s.) Le Castellet, Allemagne-en-Provence (Alpes-de-Haute-Provence)

Quatre campagnes de fouilles programmées (2009-2012) ont permis de mettre au jour un petit château construit vers la fin du XIIe siècle et abandonné à la fin du XIVe siècle après avoir été occupé par une compagnie de guerre de Cents Ans qui y a laissé un mobilier militaire assez abondant. Dès l'origine, l'établissement était pourvu d'une citerne creusée dans la cour. L'intérieur était chemisé de moellons qui ont été entièrement extraits lors de spoliations du XVe siècle. Le diamètre intérieur était d'environ 3 m. La fouille a été menée jusqu'à 5,5 m de profondeur mais n'a pas été poursuivie pour des raisons de sécurité. La contenance devait dépasser 40 m3. Il semble que, dans un premier temps, l'eau était collectée à partir du toit de l'aula. Par la suite, l'agrandissement d'un bâtiment annexe a été mis à profit pour aménager deux descentes d'eau à partir de cette nouvelle toiture.

Plusieurs types de chéneaux de pierre ont été mis au jour. Ils n'étaient pas en place mais les tranchées desquelles ils avaient été extraits ont pu être mises en évidence entre les murs supports de la toiture et les déversoirs en bordure de citerne. Près de la base du mur du bâtiment annexe, une petite ouverture permettait sans doute de faire passer une goulotte de surverse. Ce dispositif a été soigneusement conservé lorsque le mur a été élargi afin d'aménager les nouvelles descentes d'eau. Des comparaisons peuvent être faites avec plusieurs sites castraux de l'an Mil qui étaient dépourvus de citerne mais auprès desquels on relève la présence de sources.

Jean Mesqui

Jean MESQUI

Docteur ès Lettres, UMR 6223 CESCM Poitiers

La gestion de l'eau au Crac des chevaliers du XIIe au XIVe s.

Puissante forteresse des États Hospitaliers de Terre Sainte, le Crac des Chevaliers était également une caserne accueillant une garnison importante, composée des chevaliers de l'Hôpital, de leurs sergents et de l'échelon d'intendance nécessaire, ainsi que de troupes supplétives soldées pouvant amener la garnison à atteindre plus de deux milliers de personnes. Les questions relatives à l'approvisionnement en eau y étaient donc cruciales ; celles relatives à l'évacuation des déchets et des excréments l'étaient aussi, l'un ne pouvant être indépendant de l'autre.

Depuis une vingtaine d'années, les recherches menées sur cette forteresse ont permis de compléter les analyses faites par Paul Deschamps et son architecte François Anus dans les années du mandat français en Syrie ; tout spécialement les missions germano-helvético-luxembourgeoise dans les années 90 et 2000, parmi d'autres apports insignes, ont renouvelé les hypothèses relatives à la gestion de l'eau dans le Crac. La présente communication vise à donner une synthèse de ces résultats, en les analysant et les interprétant.

dimanche 20 octobre

Jean-Paul CharbonneauJean-Paul CHARBONNEAU

Historien, Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Aunis

La citerne du château de Villeneuve-la-Comtesse (Charente Maritime), intention maligne ou prouesse technique ?

Le château de Villeneuve-la-Comtesse en Charente-Maritime nous permet, aujourd'hui encore, d'observer un équipement rare sinon unique, qui répond conjointement à deux usages de l'eau : sa conservation puisqu'il s'agit d'une citerne, son utilisation défensive puisque ladite citerne, agissant comme une « douve intérieure », piège et empêche tout assaillant de franchir le châtelet d'entrée.

L'emplacement de cette citerne sur tout l'espace compris entre le pont-levis et la herse, sa profondeur comme les soins apportés à sa construction ne laisse aucun doute sur les intentions malignes voire belliqueuses de son initiateur, un fidèle de la garde écossaise de Charles VII, Christin de Chambers. En récompense de sa fidélité et des services rendus, le roi l'avait gratifié d'un vieux château médiéval, situé au confins de la Saintonge, à proximité de la forêt de Chizé, à charge pour lui d'en faire un point d'appui solide face à l'Aquitaine encore anglaise.

Chambers lui donne sa configuration actuelle en y apportant des innovations défensives largement inspirées par les mentalités d'outre-manche, plus à l'aise avec l'élément aquatique. Parmi elles, cette citerne qui constitue, au cœur du châtelet, le dispositif majeure de la défense puisqu'elle immobilise et livre aux coups des défenseurs, des adversaires qui auraient réussi à franchir le premier obstacle que constitue le fossé extérieur.

Cette citerne, par son mode de remplissage comme par son utilisation éventuelle, traduit une grande maîtrise de l'eau, révèle surtout une façon très originale de s'en servir.

François BlaryFrançois BLARY

Maître de conférences en histoire et archéologie médiévale à l'Université de Picardie

La gestion de l'eau dans le château. Entre nécessité d'occupation et ostentation du confort hydraulique : l'exemple de Château-Thierry (Aisne, XIIe-XVIe s.)

Les fouilles archéologiques menées dans le château de Château-Thierry et plus particulièrement de son impressionnant complexe culinaire ont mis au jour une grande partie du réseau hydraulique qui le desservait. L'étude attentive de ces données menée conjointement avec l'examen des sources écrites renouvelle nos connaissances concernant l'utilisation et la gestion de l'eau à l'intérieur des habitats aristocratiques laïcs médiévaux.

La recherche sur ce site met en évidence un impressionnant arsenal de structures liées à cette alimentation : puits, citernes, chéneaux et autres canalisations, desservant éviers, viviers, fontaines. L'évacuation des eaux usées d'un tel complexe a nécessité également la création d'un collecteur spécifique fortifié. L'évolution et les innovations techniques que cette gestion de l'eau génère, participent pleinement à la compréhension de l'organisation, des fonctions et des enjeux de magnificence au sein même de la résidence aristocratique.

Lionel Droin et Victorien LemanLionel DROIN
Archéologue à Univarchéo, Université de Picardie, EA 4284 TRAME

Victorien LEMAN
Doctorant en histoire, Université de Picardie, EA 4284 TRAME

La gestion de l'eau au château de l'Arsenal de Condé-sur-l'Escaut (Nord), du XIIIe au XVIIIe s.

Faisant suite à une campagne d'archéologie préventive menée en 2005, le château de l'Arsenal à Condé-sur-l'Escaut (Nord) fait l'objet d'une fouille programmée depuis 2008, sous la direction de Lionel Droin avec le soutien de l'Université de Picardie Jules Verne.

La première mention d'un château à Condé se trouve dans un acte impérial des dernières années du XIe siècle, néanmoins, archéologiquement, les plus anciennes structures sont datées de la fin du XIIe siècle, époque à laquelle le château prend la forme d'une chemise circulaire munie d'une tour-porche. Cette fortification marque la volonté de ses possesseurs, les Avesnes qui deviendront plus tard comtes de Hainaut, de contrôler une voie de communication majeure des espaces hennuyer et flamand : le château est installé à la confluence entre l'Escaut qui arrive de Valenciennes et la Haine, l'un de ses affluents qui arrive de Mons. La seigneurie passe ensuite à la famille de Saint-Pol, qui à la fin du XIIIe siècle va considérablement agrandir l'espace castral.

Outre les importants travaux d'aménagement du marécage nécessaires à l'édification de cette nouvelle résidence seigneuriale, l'existence d'une grande porte d'eau s'ouvrant dans la courtine et faisant directement communiquer l'Escaut et une pièce d'eau située au centre de l'enceinte, est une particularité pour laquelle aucun point de comparaison n'a pu être trouvé pour le moment. Les campagnes de fouille 2011-2012 ont permis de documenter archéologiquement ce phénomène en montrant l'existence de plusieurs bassins successifs entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, témoins des restructurations internes du château au fil du temps.

Par ailleurs, la fouille a permis de prendre connaissance de plusieurs éléments en lien avec l'adduction des eaux au sein de l'espace castral (puits, dont l'un, situé dans la chapelle castrale, a fait l'objet de dévotions et d'un pèlerinage, et canalisations) qui seront exposés au cours de cette communication.

Laurent d'AgostinoLaurent d'AGOSTINO

Archéologue, directeur à Hades Archéologie Rhône-Alpes

L'alimentation en eau au château de Polignac (Haute-Loire), données des recherches archéologiques

Siège monumental d'un lignage vicomtal, le château de Polignac en Velay est implanté sur un dyke basaltique entouré de falaises de 70 à 80 m de hauteur, dominant le paysage environnant. Ce véritable nid d'aigle a rapidement posé le problème de la gestion de l'eau sur le plateau aride qui forme l'assise des bâtiments.

Les recherches archéologiques menées sur le site en 2006 et 2007, consacrées à l'étude des élévations des bâtiments résidentiels et à des sondages au sol dans la cour haute du château, ont livré des informations inédites sur la gestion de l'eau. Un ensemble d'éléments architecturaux appartenant au système de récupération des eaux pluviales (chenaux et conduits maçonnés, canalisations enterrées) a été identifié dans le bâtiment dit de La Seigneurie, logis palatial roman très remanié au XVe s.

Ce système permettait d'alimenter une monumentale citerne (XIIIe-XIVe s.) creusée dans la cour d'honneur, dont l'architecture suggère qu'elle recevait les eaux de pluie des trois principaux édifices qui entouraient la cour.

Le stockage des eaux de pluie devait cependant poser problème, si ce n'est en quantité du moins en qualité, puisque le château conserve également un puits taillé dans le substrat et voisin de la citerne. Creusé dans le courant du XVIIe siècle, ce puits de 70 m de profondeur n'a jamais atteint la nappe phréatique, témoignant des difficultés rencontrées pour gérer l'alimentation en eau de ce château de moyenne montagne.

Celia CondelloCelia CONDELLO

Archéologue, doctorante à l'Université de Lyon 2

Le château ducal de Moulins (Allier) : gestion technique et symbolique de l'eau, entre défense et ornementation (fin XIVe-XVIe s.)

À la fin du XIVe siècle est édifié un nouveau château à Moulins, commandité par le duc Louis II de Bourbon († 1410), beau-frère de Charles V. Ce premier ensemble ducal est agrandi à partir de la dernière décennie du XVe siècle par Pierre II de Bourbon et son épouse Anne de France, sœur de Charles VIII. C'est un château urbain, dont quelques tours et corps de logis forment l'angle nord-ouest de l'enceinte de la ville. Les défenses en eau séparant les jardins-bas du château sont, à la fin du XIVe siècle, les fossés de l'enceinte urbaine. Les agrandissements successifs auront tendance à privatiser ces fossés et les jardins se développeront.

Les sources écrites médiévales nous renseignent de manière partielle sur l'alimentation en eau du château ducal, et ne font mention que de « fontaines » et « fons ». Ainsi, il est possible d'appréhender le système de canalisations en relation avec l'ornementation pour la fin du XVe siècle. L'installation d'une fontaine monumentale en lave de Volvic dans la grande cour du château, et d'une autre en marbre de Carrare dans les jardins bas, permet, par la technique de captage de l'eau et sa mise en scène, de participer à la symbolique du pouvoir de la famille princière de Bourbon.

Roman BouttierRonan BOUTTIER

Doctorant à l'Université de Paris IV Sorbonne

Les bains dans les châteaux royaux d'Île-de-France à la Renaissance

Avant de s’illustrer dans l’architecture de la Renaissance française par des exemples fameux, le bain à l’antique traverse la culture livresque, de la fable à la théorie architecturale. Les textes et plus rarement les images fournissent à un cercle d’amateurs et de bâtisseurs évoluant à la cour de France des modèles de constructions imaginaires autant qu’ils énoncent les principes techniques du bain à l’antique (chauffage par hypocauste, gradation thermique, abondance de l’eau, etc.) Cette culture livresque connaît-t-elle pour autant des traductions littérales ?

Comment accorder la théorie à la réalité de la demeure édilitaire, urbaine ou castrale, où l'eau est alors un bien rare et dont la circulation dans l'édifice peut s'avérer contraignante et requérir des moyens importants ? De quelle manière, enfin, les modèles de bains à l'antique s'adaptent à un savoir-faire antérieur ? Quelques grandes demeures de la fin du Moyen Âge disposaient, en effet, d'installations balnéaires et notamment d'étuves. Notre présentation s'appuiera largement sur les demeures royales d'Île-de-France, de Fontainebleau à Saint-Germain-en-Laye, et examinera également quelques cas parisiens.

Bruno BentzBruno BENTZ

Docteur en archéologie, membre du centre d'archéologie générale, Université de Paris IV Sorbonne

Eau froide, eau chaude : l'alimentation des bains du château de Marly (Yvelines)

Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, la pratique du bain évolue et de nouveaux aménagements apparaissent dans les châteaux : la baignoire occupe désormais la place centrale des appartements des bains, puis des pavillons des bains. Ils remplacent progressivement le bain d'étuve et son usage se distingue aussi des pratiques médicinales. Le bain de délassement et de compagnie devient l'un des plaisirs ordinaires de l'aristocratie. L'exemple du château royal de Marly est particulièrement représentatif de ce changement.

Quelques années seulement après la construction du domaine, en 1688, des bains ont été créés dans l'un des pavillons destinés aux invités du roi. L'emplacement choisi et la disposition intérieure ont été déterminés par la distribution de l'eau. Dans le château, l'alimentation était encore extrêmement restreinte : seule la cour des cuisines et quelques fontaines à boire disposées dans le jardin sont alors alimentées en eau de sources. Pour les bains, afin d'obtenir un réel confort d'utilisation, l'écoulement au robinet de l'eau courante – froide et chaude – est entièrement gravitaire grâce à un dispositif hydraulique original.

Éric SoullardÉric SOULLARD

Enseignant, docteur en histoire, Université de Grenoble 2

Versailles et le Louvre sous Louis XIV : l'étanchéification et le curage des fosses d'aisance, un tournant dans l'hygiène ?

La fosse d'aisances médiévale possède en général, en ville, un fonds sablé dans le but de filtrer les matières afin de ne pas contaminer l'eau des puits d'où l'on tire l'eau potable. Malgré ce filtrage, l'eau des nappes phréatiques qui sert de boisson est souvent polluée par ces fosses à fonds ouvert, ce qui engendre ainsi de graves épidémies.

Mais un tournant apparait à la fin du XVIIe siècle, de façon très visible par exemple au château et dans la ville de Versailles, changement aussi largement constaté dans les fouilles du grand Louvre.

C'est l'apparition et la généralisation de la fosse pavée et étanche qui ne peut pas contaminer la nappe, mais qui doit être régulièrement vidangée et curée comme on le voit dans les Comptes des Bâtiments du roi.

Louis XIV impose d'ailleurs par la loi, au moyen de règlements et affiches, l'usage de ces fosses étanches à tous les habitants de Versailles. Cependant l'incivilité croissante des Versaillais (200 ans avant Pasteur et la naissance de la microbiologie) fait que ce passage de la fosse sablée à la fosse étanche n'est en rien un révolution sanitaire.